Foto: Leo Bak

KÜNSTLER

Christel Bak-Stalter

www.bak-stalter.de

Biografie

1937: in Homburg/Saar geboren
1954-59: Gesangsausbildung, Homburg, Saarbrücken
1967: Besuch der Staatlichen Werkkunstschule Saarbrücken und der École de Dessin, Paris
1967-69: Studium der Kunstgeschichte und Philosophie an der Universität des Saarlandes
1991-98: Studium der Komparatistik an der Universität des Saarlandes
1998: Lehrauftrag an der Universität des Saarlandes, Fachrichtung Komparatistik
2000: Stipendiatin im Künstlerhaus Schloss Wiepersdorf

lebt und arbeitet in St. Ingbert/Hassel

Auszeichnungen / Ausstellungen / Projekte

Ausstellungen (Auswahl)

2016
Galerie per-seh, Hannover: "O Zeit deine Pyramiden"

2013
Hannover, Staatstheater und in der Galerie per seh: Zum "War Requiem" von Benjamin Britten

2012
Wesseling, HLP Galerie: Bilder zu freien Themen (mit Kalle Paltzer und Marianne Roetzel)

2011
Metz, Kathedrale: Bilder zur Bamberger Johannes-Apokalypse

2009

Künstlerisches Werk

"Zwei Ausgangspunkte hat sie für ihren künstlerischen Weg gefunden - und besonders in diesen Grundkonditionen wird die enge Verbindung ihrer Arbeit zur klassischen europäischen Tradition greifbar: Auf der einen Seite ist es die Natur, die Christel Bak-Stalter in ihrer Schönheit und Kraft, aber auch in ihrem Wirken auf den Menschen fasziniert, und andererseits - sozusagen als intellektueller Gegenpart und gedankliches Gegengewicht - ist es die Ideenwelt der europäischen Kultur, die sie immer wieder zur Auseinandersetzung in eigenen Arbeiten anregt.

(...)

Mit demselben Ansatz nähert sich die Künstlerin auch der Sphäre des Abstrakten an. Denn Christel Bak-Stalters Kunst entwickelte sich lange Jahre hindurch im Spannungsfeld eines engen Austauschs mit der Ideenwelt der europäischen Kulturtradition. Literatur, Musik, Religion - alle gedanklichen Konzepte und Konstrukte, die die immaterielle Seite der menschlichen Existenz bestimmen, regten sie zur Auseinandersetzung an und stimulierten sie immer wieder zum Versuch, Grenzen zu erkunden und zu überschreiten, indem sie Gedachtes zu Bildern werden ließ.

Auch damit steht diese Kunst ganz in der klassischen  Tradition Europas. Denn die Frage, wie Werke der Dichtung, der Musik oder philosophisch-theologische Gedanken adäquat in eine bildkünstlerische Form übertragen und umgesetzt werden können, bewegt Maler und Bildhauer nicht erst seit der Moderne. Spätestens seit die Knsttheoretiker der Renaissance und des Barock eine Hierarchie ikonographischer Motive erstellten und innerhalb dieses Kanons die Darstellung von Historien und Allegorien als höchste, weil schwierigste Form der Malerei einstuften, gilt die Auseinandersetzung mit der Welt der Ideen als eine der wichtigsten Aufgaben der Kunst und als überzeugender Ausdruck der künstlerischen Reflektion."

(Silke Bettermann: "Die Suche nach dem gültigen Bild", in: Christel Bak-Stalter - Assoziationen, Ausst.-Kat. Museum St. Wendel, 2013)

 

Christel Bak-Stalter, née en 1937, fait partie de cette génération d’artistes à la fois marqués par la guerre et par la reconstruction. Cette reconstruction, c’est à la fois celle d’une pensée cherchant à renouer avec les fondements réflexifs de la peinture, mais aussi celle d’une pratique libérée de l’académisme qui cherche de nouvelles manières de peindre, tant du point de vue de la pratique, de la mise en scène de l’acte génératif, que de celui du rapport au spectateur. Comment renouveler la peinture ? Quelles questions vis-à-vis du figuratif ? Où situer la sensation ?

 

Son travail, entamé dès la fin des années 1950, remarqué dans plusieurs expositions dans les années 1970, acquiert sa véritable maturité durant les années 1990. Si les questions de synesthésies et de rapports interdisciplinaires ressortent lorsque l’on interroge l’artiste, la démarche – et, de fait, le résultat – sont bien plus complexes qu’une simple corrélation entre les arts, entre les sensations.

 

Christel Bak-Stalter choisit l’abstraction ; ce n’est pas une abstraction de celles qui transposent des figures dans des codes schématiques, primitifs, mais plutôt un abstrait qui fait jaillir des formes du sensible pur. Car la réflexion menée par l’artiste sur les principes de l’art évacue d’emblée l’ut pictura poiesis, en remettant en cause toute idée d’une peinture illustrative. Pour le déployer, elle remonte jusqu’aux prémisses du processus créatif. En effet : toute pensée esthétique est issue d’une mise en situation territorialisée ; c'est-à-dire que le fondement de l’acte de création est à chercher dans les conditions de la réalisation – matérielles, d’une part : elles ont évolué au fil de l’histoire, notamment avec une émancipation des artistes dans le choix de leur sujet ; esthétiques de l’autre, car elles sont toujours corrélées à une certaine culture visuelle, elle-même à la fois construite autour d’un environnement précis et vectrice de schèmes cognitifs particuliers. Ces conditions de réalisation sont revendiquées par l’artiste : en mettant en scène ces dernières, en conduisant les sens à s’imprégner de tel ou tel cadre sensible (musique, littérature, peinture), elle fonde sa démarche plastique sur la relation entre le corps et l’espace, ce dernier s’étendant non pas seulement à une limite géographique, ni temporelle, mais aussi à celui des sens. Son territoire, c’est ce qui peuple son imaginaire, qu’elle maîtrise en le confrontant à des expériences précises.

 

Ainsi, si elle associe sa peinture à d’autres œuvres, son travail n’est pas illustratif, mais plutôt narratif. En rapprochant parfois des couleurs à des lettres fantasmatiques, comme le fait Twombly au même moment (et alors tant rejeté par les tendances picturales de son époque), elle adresse sa peinture autant aux sens physiques qu’à l’intellect, au cœur, si cher aux créateurs de cartons des tentures médiévales – il n’est d’ailleurs pas innocent de sa part de s’être intéressé à cette technique. Il y a quelque chose de l’impressionnisme dans le résultat de sa démarche, car elle se fonde sur la sensation plutôt que sur la représentation. Toutefois, en maîtrisant à la fois la pose de la matière sur la toile et l’environnement dans lequel elle puise, Christel Bak-Stalter dépasse ce fondement : elle a la main sur toutes les étapes du processus créatif, des sources à la construction de l’œuvre.

 

Alors, se pose la question de la réception de ses toiles : car son travail engage, par sa structure même, une relation particulière entre le spectateur et l’image. « L’art ne s’explique pas », dit-elle ; ce n’est pas qu’il ne serait pas justifiable, ni qu’il serait cantonné à un système fermé, faisant fi de toute adresse au monde ; bien au contraire. L’idée du rapport à la sensation, dans une élaboration synesthésique, appelle nécessairement celle de l’interaction entre le public et ses toiles. Au-delà de la convocation de l’imaginaire du spectateur, ce sont ses sens qui contribuent à la vie du tableau. Ainsi, en créant un système pluri-sensoriel, elle ne cherche pas seulement à faire entendre un certain environnement, à donner corps, par écho, à la littérature ; elle construit un véritable monde qui convoque toutes les occurrences de la sensibilité. Si l’on retrouve l’intervention de plusieurs media dans son travail, le procédé amène à une qualification quasi-métaphysique. Sa peinture est un art total, en cela qu’il amène le regardeur à plonger dans une peinture qui dépasse son propre dessein : elle l’adresse, comme l’aurait fait le maître de la Dame à la Licorne, « à notre seul désir ». 

(Milan Garcin, Kunsthistoriker in Paris; Text anlässlich der Landeskunstausstellung 2017)

o.T., 2017, 120 x 90 cm, Mischtechnik (Foto: Leo Bak)o.T., 2017, 120 x 120 cm, Mischtechnik (Foto: Leo Bak)o.T., 2017, 160 x 140 cm, Mischtechnik (Foto: Leo Bak)

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